Dialogue stratégique : les agriculteurs ont besoin de prix équitables et stables, ainsi que d’une vision à long terme, pour relever le défi de la modernisation des exploitations agricoles.

Le dialogue stratégique d’Ursula von der Leyen sur l’avenir de l’agriculture débute aujourd’hui. L’ECVC y participe et espère que ce sera l’occasion d’opérer un changement de paradigme et d’œuvrer en faveur de la souveraineté alimentaire. Ce dialogue doit déboucher sur des solutions concrètes permettant une véritable transformation des systèmes alimentaires.

Nous assistons à une baisse massive du nombre d’exploitations agricoles dans l’UE-27. Entre 2005 et 2020, ce nombre a chuté d’environ 37 %[1], en particulier parmi les plus petites exploitations. Or, la nécessité de nourrir les citoyens avec des aliments sains et de saison, financièrement accessibles à tous, y compris aux populations les plus démunies, ne pourra être satisfaite que si nous disposons d’un nombre nettement plus important d’exploitations agricoles sur l’ensemble du territoire de l’UE.

C’est pourquoi, pour l’ECVC, le dialogue stratégique doit s’articuler autour de trois leviers d’action clés afin de soutenir les agriculteurs en place et d’aider les jeunes et les nouveaux arrivants à se lancer dans l’activité agricole :

  • Économique : garantir aux agriculteurs un revenu décent, et donc la possibilité de planifier leur avenir professionnel. Pour ce faire, les agriculteurs doivent bénéficier de prix équitables, et l’agriculture doit être exclue des accords de libre-échange qui détruisent l’agriculture à l’échelle mondiale.
  • Aménagement du territoire : les jeunes doivent avoir accès à la terre. Au niveau de l’UE, il convient d’adopter une législation régissant les questions foncières, conformément aux recommandations formulées dans le rapport de l’INI sur la relève générationnelle et présentées dans le projet de directive foncière de l’ECVC.
  • Droits sur les semences : les institutions doivent bloquer la déréglementation des OGM, telle que prévue dans la proposition relative aux nouvelles techniques génomiques (NGT). La propagation d’OGM brevetés et non identifiés dans l’UE menacerait gravement les droits des agriculteurs sur les semences, mettrait en péril l’ensemble du secteur agricole sans OGM (et en particulier les petites exploitations agroécologiques), sacrifierait la souveraineté alimentaire et générerait d’énormes profits pour les multinationales détentrices des brevets sur ces NGT.


Geneviève Savigny, agricultrice et représentante de l’ECVC au sein du Dialogue stratégique, a déclaré : « Les milliers d’agriculteurs qui descendent dans la rue montrent que le soi-disant modèle industriel compétitif n’offre aucun avenir à la grande majorité des producteurs, mais aussi aux consommateurs et aux citoyens. L’ECVC appelle les institutions à opérer un changement de paradigme en faveur de la souveraineté alimentaire. »

En tant que présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a la possibilité d’assurer la cohérence des politiques, de mettre un frein à la doctrine néolibérale et de prouver qu’elle est à l’écoute du mécontentement des agriculteurs de toute l’Europe, qui sont poussés à bout. Il est urgent d’agir.

La Vía Campesina (de l’espagnol : la vía campesina, littéralement « la voie paysanne ») est une organisation internationale d’agriculteurs fondée en 1993 à Mons, en Belgique, regroupant 182 organisations dans 81 pays et se définissant comme « une organisation internationale qui coordonne les organisations paysannes regroupant les petits et moyens producteurs, les ouvriers agricoles, les femmes rurales et les communautés autochtones d’Asie, d’Afrique, d’Amérique et d’Europe ».